ATELIER CINEMA THX
THX 1138
Soyez donc indulgents sur son contenu. Il s’agit là d’un espace qui vous est ouvert (presque) autant qu’à moi, alors surtout n’hésitez pas à vous y faire entendre. Je réagirai à vos manifestations du mieux que je le peux.
Avant de commencer, n’oubliez pas que tant de choses ont déjà été dites sur les sujets qui nous intéressent ici/maintenant qu’un peu de fantaisie sera parfois bienvenue…
Que la force soit avec chacun d’entre vous et bonne lecture!!
Contexte historico-technique
Des deux prestigieuses écoles de cinéma UCLA (University of California, Los Angeles) et USC (University of Southern California) que comptent les USA aux alentours d‘Hollywood, deux étranges figures ressortent premières de leur promotion à la veillée des années 70. Il s’agit respectivement de Francis Ford Coppola et de George Lucas qui font déjà parler d’eux à travers le monde. George est de nature plutôt renfermée, ce qui ne l’empêche pas pour autant d’observer et d’apprendre sur son époque riche en rebondissements inattendus (l’affaire du Watergate, le discours déroutant de Richard Milous Nixon, la guerre du Vietnam, soient les bases du Nouvel Hollywood que décrit Peter Biskind, manne des jeunes critiques actuels). Nombreux sont les autochtones qui réagissent vis-à-vis de la drôle d’époque qu’ils traversent (Hunter S. Thompson notamment). L’assassinat de John Fitzgerald Kennedy ne fait qu’amplifier ce phénomène. On ne compte plus les films influencés par les affaires politiques où l’on a vite fait de se perdre (entre autres, Greetings, Hi Mom, Blow Out, Scarface de Brian De Palma, ou encore Apocalypse Now et Le Parrain de Francis Ford Coppola).
Si la critique française connaît un regain d’intérêt pour le mouvement traversé par les films américains des années 70, c’est par analogie avec l’actualité politique que le monde en général subit aujourd’hui.
L’histoire n’a pas fini de se répéter…
[Lire sur ces sujets les écrits brûlants de Jean-Baptiste Thoret, rédacteur en chef de la revue Panic : 26 secondes, l’Amérique éclaboussée ; Le cinéma américain des années 70]
Au sortir de leur enseignement, Francis est plein de bonnes résolutions. Les grands studios hollywoodiens ont fait leur temps. Les canons du classiques sont arrivés à leurs derniers retranchements. Les réalisateurs en activité ne sont plus que des dinosaures sans héritiers directs. Il s’agit donc de donner aux jeunes talents les moyens de s’exprimer librement sans avoir à devoir apporter le café jusqu’à un âge de raison jugé beaucoup trop lointain. La logique des studios étouffe les jeunes créateurs qui ont alors pour obligation de plier leur monde à celui des majors.
Francis fait montre d’un joli bagou, son aura est grand, sa carrure impressionne, son assurance déconcerte. Il en use auprès des forces en présence et les fait plier à son avantage. Warner accepte finalement de financer les fameux studios indépendants American Zoetrope basés à San Francisco, qui profitent de cette trop belle occasion pour acquérir le matériel dernier cri. L’aventure peut afin commencer pleinement.
Pré-production
George tombe ainsi à pic avec l’idée de transposer son court de fin d‘étude (Electronic Labyrinth THX 1138 4EB, « EB » pour Earth Born) en un film de cinéma. Son partenaire Francis vient de terminer un long filmé sur les routes (The rain people avec Robert Duvall). C’est donc à Lucas que revient le privilège de démarrer la filmographie du studio. Les pleins pouvoirs lui sont octroyés. Il est seul maître à bord. Francis demande à George d’écrire un scénario digne de ce nom, sans quoi selon lui on ne peut prétendre être un vrai réalisateur, ce à quoi George répond en être incapable, mais en vain. L’épreuve est évidemment à l’encontre de toute espérance et convainc Francis d’une cause perdue. Walter Murch, ancien camarade de classe de George, avait travaillée sur le projet initial. Il reprend donc du service pour le meilleur… (voir son travail fabuleux sur le mixage sonore).
Bizarrement, la Warner n’a pas tilté lors de la lecture d’un scénario bien étrange, et c’est tant mieux.
Production
Toutes les scènes seront finalement tournées à San Francisco même, après avoir constaté que le budget ne couvrirait pas le transport vers le Japon, destination que Lucas portait dans son cœur (de plus, les scènes d’assemblage des robots policiers se déroulent dans une centrale nucléaire, autorisation qu’il était impossible d’obtenir sur le sol japonais). En effet, son souhait est de pousser au maximum l’abstraction sans trop d’explication, que le film paraisse « venir » du futur plutôt que de porter « sur » le futur. A ce titre, le cinéma japonais est connu pour se « montrer » sans se « justifier ». Le tournage sera sportif et consistera en une série de sprints dans des lieux atypiques plus ou moins restreints d’accès, bien qu’à l’époque les entreprises acceptaient beaucoup plus facilement qu’une équipe vienne tourner un morceau de leur film dans leurs lieux. L’aspect documentaire (lumière naturelle notamment) bien que voulu et assumé à la base, demeure néanmoins inhérent aux contraintes de production. Outre le tournage dans des lieux réels bien de l’époque (longs couloirs austères, halls spacieux, appartement-cellule épuré, relais TV quadrillé, garages souterrains futuristes, larges tunnels d’autoroute, …), le parti pris esthétique vire au studio à la moitié du film avec l’utilisation d’un blanc immaculé, source d’une composition de cadre humoristique qui était déjà dans une moindre mesure omniprésente.
Le choix du casting est pris très au sérieux par Francis et l’équipe technique est elle aussi triée au volet. Le challenge est de taille mais les ressources artistiques du jeune réalisateur, insoupçonnées à un si jeune âge (près de 25 ans) sont à la hauteur du projet. George Lucas se révèle en effet être l’homme de toutes les situations, ce qui étonne ses collaborateurs déjà fort expérimentés.
Pour un coup d’essai (ou presque) dans le registre de la SF, s’est un coup de maître de l’avis de beaucoup de professionnels. Il en va ainsi des œuvres qui, loin de ne s’arrêter qu’à une part purement imaginaire, s’imprègnent au contraire des signaux ambiants du monde tangible afin de les projeter dans un avenir plus ou moins lointain. Le propos qui en découle, tout en témoignant sur son temps, avance une direction de ce qui pourrait advenir si l’humanité n’y prenait pas garde, si elle ne réagissait pas à temps. Tel transparaîtrait le fondement des films d’anticipation qui devraient théoriquement réussir à agir sur une conscience réceptrice ainsi assagie et par là même plus concernée par la nature des actes qu’elle commet, en ce qu’ils se manifestent par des conséquences plus ou moins néfastes pour l’univers en général.
[Voir Metropolis de Fritz Lang, George Orwell’s 1984 de Michael Radford, Aldous Huxley’s A brave new world / Le meilleur des mondes, Alphaville de Jean-Luc Godard, Ray Bradbury’s Fahrenheit 461 de François Truffaut, Blue Sunshine de Jeff Lieberman, La planète des singes de Franklin J. Schaffner, Soylent green / Soleil vert de Richard Fleischer, Logan’s run / L’âge de cristal de Michael Anderson, Philip K. Dick’s Blade runner de Ridley Scott, Artificial intelligence de Steven Spielberg, Brazil de Terry Gilliam, Dark city & Isaac Asimov’s I robot de Alex Proyas, Matrix des frères Wachowski, Equilibrium de Kurt Wimmer, Innocence de Mamoru Oshii, Renaissance de Christian Volkman, la liste est longue…]
Post-production
En une durée très courte, l’équipe réduite de post-production s’active. THX 1138 est monté par George Lucas le jour (les yeux) et mixé par Walter Murch la nuit (les oreilles). Le travail d’avant-garde auquel ces deux hommes se sont attelés est énorme. De riches trouvailles foisonnent tout le tissu du film. De l’image tantôt lacérée, tantôt évanescente en pur abstraction, mais toujours léchée avec maîtrise et amour, au son capable à la fois de véhiculer toute la nature de l’émotion enfouie à l’intérieur des corps souffrants, mais aussi de rendre l’infini de l’espace qui règne dans et au dehors du cadre. L’immersion est totale. Nos sens sont en alerte ; un va-et-vient s’opère entre eux qui nous transmet toute la complexité d’un environnement par trop familier. Le velouté de la texture visible et/ou audible nous aspire à l’intérieur d’une spirale envoûtante. L’humanité des personnages, leur valeur symbolique nous aide à pénétrer un réseau relationnel mécanisé à outrance que pas l’ombre d’une âme ne semble habiter. Alors que les clins d’œil répétés d’un réalisateur compassionnel jamais juge (qualité divine s’il en est) ajoute en affectivité, tissant avec le spectateur une complicité qui le convie à mieux prendre part à l‘histoire.
Accueil
A l’issue de la projection à la Warner, la réception fut glaciale et le scandale explosa. American Zoetrope fut alors mis en péril. Le coup fut dur pour Lucas qui récupéra la copie de son film illico afin d’empêcher la moindre retouche, et Coppola qui heureusement enchaîna avec Le parrain qui le re-crédibilisa en le consacrant comme l’un des plus grands réalisateurs de son temps.
Le public bouda le film, ce qui poussa Coppola à dire à Lucas d’y aller mollo la prochaine fois avec les robots. S’ensuivit American graffiti qui connut un bien meilleur accueil. La suite, vous la connaissez…
Thèmes (en vrac)
L’ambiance est reine lors du démarrage de THX 1138. Les voix-off fusent de toutes parts et cernent l’auditeur, dictature de la pensée (qui par définition ne pense plus). Aucun infléchissement vocal ne transcrit la moindre émotion. Les machines ont pris corps tout autour des hommes réduits à des exécuteurs vides et creux. Toute parole prise n’est qu’automatisme qui s’ignore, technique aveugle, exercice de style sémantique ou non-sens pseudo-philosophique. Aucune place n’est laissée à l’originalité (qui est aussi origine de ce qui devient Autre). Dans ce monde matériel dépourvu de toute spiritualité, le but recherché par la société en présence qui en est à l’origine devient obscure (pas sombre). Les concepts politiques (hypercapitalisme) vieillis par leur application irraisonnée prennent le monopole de la réalité, épuisée et anéantie de par l’absence véritable d’action des protagonistes mécanisés à leur insu. Le peuple instrumentalisé pâtit d’un obscurantisme absolu sans échappatoire porteur d’espoir (a priori) possible. En effet, chacun est mis sous camisole chimique, surveillé qu’il est de bien observer son traitement neuroleptique.
L’homme (moderne) est ainsi plongé dans ce monde qui est le nôtre, en permanence à « retrouver » ce qui l’a abandonné, à tenter de s’extraire d’une « réalité » qui lui a pré-existé. Seule la remise en question, le sondage au plus profond de son être, l’écoute d’un cœur meurtri et trop longtemps baillonné, peuvent contribuer à ouvrir les yeux sur la traduction des actes d’un peuple majoritaire, actes issus d’un choix global et désincarné, qui se manifestent au détriment d’une Nature dénigrée. A trop longtemps vouloir mentir aux autres, on en arrive à se mentir à soi-même et à ses propres enfants. Prendre conscience de ce qui pourra alors en découler devient secondaire, à tort. Toute tentative de casser l’ordre apparent établi se heurte à l’acceptation d’un risque qui est de payer le prix du sacrifice de soi (figure du héro selon St George Lucas).
Acte I
Les dérives qu’un abus des droits et des biens d’ici bas occasionnent, sont par nature sévèrement punies par la loi toute puissante, et ce jusqu’à en interdire les comportements normaux premiers, bien que bons par nature (sexe motivé par des sentiments purs). On en arrive à traquer les déviances dans des agissements généreux et désintéressés. Plus rien n’existe qui peut survivre au jugement de la police dont l’emprise a comblé chaque espace laissé vacant. Arrivé à ce stade, l’individu n’étant plus en mesure de juger par lui-même, il décline et obéit sans discussion, tout autre comportement étant sanctionné jusqu’à mise en œuvre d’un isolement le plus total des éléments perturbateurs (mort virtuelle).
Acte II
Démunis de toute initiative personnelle, les prisonniers sont « enfermés » dehors dans des prisons fonctionnant sans l’usage de barreaux (qui sont mentalement installés). Ici, on est assailli par le vide matérialisé par l’usage du blanc total. Quoi de plus stimulant qu’un désert pour ouvrir la voie à la réflexion (Saint Exupéry devant le désert). La dimension mythologique, cœur de la forme filmique, s’exprime alors. Le mythe de la caverne exploré dans le livre VII de la République de Platon, est à l’honneur. Le dormeur doit se réveiller afin de prendre conscience pour réagir et ouvrir la voie à l’espoir d’une salvation. Ses congénères continuent à végéter ; il doit partir seul (et qui m’aime me suive).
[sur l’usage du blanc au cinéma, on pourra revoir la sortie du Cube de Vincenzo Natali, les espaces « internes » de 2001 l‘odyssée de l‘espace de Stanley Kubrick et de Mission to Mars de Brian De Palma]
Acte III
Est ici héros celui qui ne renonce pas (SEN, personnage n’ayant jamais rencontré d’altérité, s’arrête lorsqu’il comprend la mascarade) et celui qui peut atteindre son objectif de par sa condition d’humain (l’hologramme ne peut composer avec la technologie dont il est issu). Une fois encore, la force de cet accomplissement ne peut être puisée que dans l’amour qu’apporte LUH (LOVE) (1+1=3 (une nouvelle personne (re)naît de l’union) qui en se refermant ouvre sur l’infini du 8). Sans amour, l’homme n’est que sexe (THX). Dans son périple, THX enquête sur la situation de LUH. Il comprend que sa compagne a été éliminée, son nom ayant été ré-attribué (par souci d’économie et de praticité) après lui avoir extrait son fœtus (jugé dangereux car né d’une relation non contrôlée). Le monde dans lequel il a stagné s’écroule alors. La vie n’y a plus de sens. Un ailleurs doit exister, il suffit d’y croire. Les policiers qu’il a lui-même aidés à concevoir le traquent « pour son bien ». Comment continuer à croire une parole qu’on sait pré-programmée et centrée sur un système que plus personne ne comprend. On peut tout attendre de la part d’un homme qui n’a plus rien à perdre et qui est maintenant libéré de le savoir enfin.
Forme
La ligne de conduite est claire. Rester aussi neutre que possible. Effacer tout signe de catégorisation. Ici pas de méchant qui tienne. Tous les êtres sont déjà happés par un système ni bon, ni mauvais, à la tête duquel personne ne préside. En ce sens, aucun éclairage possible provenant de l’histoire. Le postulat est d’accepter sans rechigner : c’est comme ça et pas autrement. Place jouée par le montage, les oscillations, les plans extrêmes baignent le spectateur dans une hypnose qui l’éloigne de la raison et le noie dans l’oubli, à la manière de la drogue psychotrope mise à disposition comme devoir citoyen. Je ne comprends pas car il n’y a rien à comprendre. J’accepte la société telle qu’elle est. Les personnages vont même jusqu’à consommer pour consommer, sans autre but apparent (la boutique de boules colorées que l’on dépose chez soi pour être aspirées).
La ligne de partage entre les trois mouvements du film est aussi tranchante que le schéma actes/scènes ayant cours au théâtre. Peut-être le caractère mythologique prévaut-il dans le déploiement de l’intrigue.
L’antique bande-annonce de Buck Rogers pose les bases de la figure du héro : c’est monsieur tout le monde qui se voit tiraillé par son destin et mis en situation de devoir prendre des initiatives personnelles qui mettent sa vie en péril, mais pas son intégrité. C’est que toute prise de conscience oblige une prise de risque conséquente qui permette de mettre à l’épreuve, d’accéder à un inconnu qui voit jour.
Similitudes d’avec la (double) trilogie Star Wars
[Pour les anglophones, sur ce sujet et sur bien d’autres, vous pouvez consulter le petit livre de poche George Lucas par James Clarke aux éditions anglaises Pocket Essentials Film (en occasion chez Gibert Joseph)]
Au même titre que la première trilogie, THX 1138 a subi avant sa sortie en DVD un traitement de jouvence pour mieux correspondre à l’esthétique des technologies d’aujourd’hui. Les puristes ayant tapé fort du pied pour avoir droit d’accès sur les versions d’origine non « souillées » ont obtenu gain de cause avec la ressortie récente des films en DVD. On peut donc parler d’image composite pour les œuvres retouchées, des effets (allant même jusqu’à l’ajout de personnages) ayant été apposés par-dessus l’image initiale.
Les vertus de la restauration ont du bon, ceux de la déformation sont un peu moins légitimes, surtout lorsqu’on assiste au remontage pur et simple d’un film plusieurs décennies après sa réalisation (One from the heart de Coppola). Mais nombreux sont les exemples de montage agissant en déphasé (voir les œuvres de Stan Brakhage) ou encore les exemples de seconde chance donnée à un montage initial massacré par les studios (Touch of evil / La soif du mal d’Orson Welles) ou l’aubaine de retrouver un film dans sa version intégrale (Apocalypse now redux de Coppola, Le grand bleu et The professional / Léon de Luc Besson).
Il est, pour finir l’exposé, plaisant de passer en revue les thèmes de prédilection de Mr Georges Lucas.
Générique défilant de bas en haut, de face (l’ascension de THX du sous-sol vers la terre ferme) ou en oblique (les lignes s’évanouissant dans l’espace intersidéral de Star Wars, l’axe du bien allant tel le gravissement des marches d’un escalier).
Attirance pour les robots et les sons qu’ils émettent (logorrhée politique nixonisante de SEN, philosophico-sociologique de C3-PO).
Goût pour les costumes religieux (nonnes déambulant dans les couloirs de THX, capes noires des guerriers Jedi et Sith de Star Wars).
Fascination pour l’opposition noir (ordre promulgué par des robots dans THX, par des surhommes vêtus de combinaisons dans Star Wars) vs blanc (habillage de la population obéissante dans THX, armure des stormtroopers dans Star Wars).
Focalisation sur la destinée d’un personnage central (THX ou Luke), trame de l’histoire qui devient en fin (provisoire) de quête une figure mythique lorsqu’il se dresse seul devant les astres dans une séquence finale (voir aussi la fin de A new hope) qui laisse présager d’une richesse d’évènements à venir qui vont le dépasser.
Amour pour l’art pictural statique et dynamique (incrustations, jeux de lumière, palette colorée, inserts inattendus de détails exagérés hors cadre : le lézard de THX, les gros plans des visages-regards ou des objets insolites).
Séduction pour les armes blanches, plus nobles que les armes à feu (les bâtons électromagnétiques des policiers de THX vs les sabres lasers et autres objets contendants dans Star Wars).
Fixation sur les courses-poursuites ou autres revers du spectacle en fin de métrage (motos dans THX, bataille spatiale dans A new hope, combats de gladiateurs dans L’attaque des clones, …), bouquet final oblige.
Présence de personnages-symboles qui d’abord s’opposent puis dont les échangent amènent l’action (voir le magicien d’Oz), Lucas ayant toujours avoué son admiration pour Akira Kurosawa et Shakespeare (mythologie est-tu là? : l’innocence pure de l’hologramme vs celle des autres guides Chewbacca ou Jar-Jar Binks, la verve de SEN vs celle de C3-PO). Dans sa description large d’un monde, George serait un partisan du « nous sommes tous frères », « aidons nous les uns les autres » (un peu comme Tolkien, lui aussi élitiste sans en avoir l’air : « you are the chosen one / tu es l’élu »).
La dénonciation que l’image forte véhiculée par l’autorité est sans commune mesure avec la réalité (le dieu devant lequel les fidèles se prosternent dans THX n’est qu’une photo doublée par une voix enregistrée ; Darth Vador est un bout de chair souffrant encastré dans une armure de robot). Là encore le magicien d’Oz n’est pas loin.
Après nous avoir démonté le moral avec des images dures car sans appel, un espoir poind néanmoins à l’horizon en fin de parcours (THX retrouve le soleil nourricier, Luke retrouve les siens pour une grande fiesta à la fin du Retour du Jedi).
Le masque argenté étincelant des policiers (assimilés clones) habillés en noir contraste avec la tête nue des humains, seule à dépasser du costume blanc et à se découper sur l’arrière plan lui aussi blanc (phénomène accentué dans Star Wars par la seule sortie de capuche du devant de la face des guerriers Jedi vêtus noir contre noir).
P.S. : Vous pouvez me transmettre questions, remarques ou autres réactions.
Pour ceux que ça intéresse encore, voici un début de pistes thématiques pour un projet de liste des divergences pouvant être relevées entre THX 1138 et Star Wars :
Le sous-sol aménagé et tout autre espace conçu par l’homme serait par définition refermé mais blanc dans la recherche que l’homme a d’une sensation d’espace infini. L’espace intergalactique, lui, est noir et sans limites connues.
Pourtant, dans les deux cas, l’homme se perd dans les méandres de ces espaces (végétation dans le white limbo, dérive dans l’apesanteur spatiale).
Mais le blanc signale la présence des choses à son visiteur, alors que le noir la cache. On cherche une sortie (la lumière) lorsqu’on est « emprisonné » dans le noir. On passe dans un état de transe tranquille lorsque le blanc nous submerge (hôpitaux, blouses, camisole, cellule d’isolement chez les fous). Le blanc est de surcroît un gage de propreté bien pratique (pansements, bandes, coton, sous-vêtements).
N’y voyez aucun propos raciste. Je connais bien des blancs plus noirs que des noirs. Et de toute façons, là n’est pas la question (si problème il pouvait y avoir…).
Maître Nico
Petit exercice pratique THX :
Munissez vous d’une caméra ou d’un appareil photo, si vous n'avez pas de caméra, et exercez-vous à faire les cadrages suivants en filmant une personne de votre choix. Efforcez-vous de donner à vos plans une allure cinématographique. Vous allez demander à un acteur improvisé (un ami, un voisin...), le temps d'un exercice, de prendre les attitudes suivantes et efforcez-vous de rendre l'image qui en résulte crédible.Ces attitudes ou expressions :
La colère intense, l'inquiétude qui ronge, la joie intense, la tristesse infinie.Vous ferez les cadrages que vous voulez car ce qui est important c'est que votre cadrage mette en valeur l'expression recherchée.
Le tournage dans un fond blanc sera encore plus adéquat au sujet THX.
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